Retraite, partir avec une décote ou au taux plein : nos explications

Partir à la retraite est un moment particulier dans la vie professionnelle des salariés. Ce départ s’accompagne souvent d’obligations de l’employeur telles que l’attribution des indemnités de mise à la retraite, car il s’agit fondamentalement d’une rupture de contrat de travail. Les salariés en âge légal de partir à la retraite ont également droit à la pension dont le montant dépend de l’ancienneté du travailleur et de son âge. Cependant, lors de la liquidation de cette pension, il importe aussi de tenir compte du taux. Le calcul s’avère difficile pour les bénéficiaires, car les salariés connaissent mal les conditions d’obtention du taux plein. La plupart d’entre eux voient ainsi leurs pensions de retraite de base minorées. On parle aussi de décote. Quels sont les critères pour bénéficier du taux plein lors de la retraite ? Quand est-ce que la pension subit une décote ? Nos explications dans cet article.

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Que représente le taux plein pour la pension de retraite ?

Lors d’une liquidation de la pension de retraite, le taux plein représente une retraite exempte de malus, qui a droit au taux maximum légal. Il figure parmi les éléments essentiels afin de déterminer le montant de la pension et varie en fonction du régime de retraite. Pour les régimes des fonctionnaires, le taux varie entre 75 et 80 % du dernier traitement indiciaire brut, sachant que 80 % concernent les employés actifs. Dans ce cas, la fonction doit avoir été détenue et exercée au moins six mois avant la date de départ à la retraite.

En revanche, dans les régimes alignés qui concernent principalement les employés du secteur privé, le taux plein pour une retraite correspond à 50 % du salaire moyen brut annuel des 25 meilleures années de la vie professionnelle du bénéficiaire.

De même, un salarié du privé, quelle que soit l’activité, doit cotiser à l’association pour le régime de retraite complémentaire des salariés ou Arrco et l’Association générale des institutions de retraite des cadres ou Agirc. Au fur et à mesure qu’il cotise, des points sont attribués au bénéficiaire. Lors du départ, ces points seront convertis selon un coefficient défini et appliqué au montant de la pension de base. La somme calculée en tenant compte de ce coefficient est versée sous forme de pension complémentaire à l’assuré par l’entreprise.

Quels sont les critères pour bénéficier d’une retraite à taux plein ?

Lors du calcul de la pension de retraite, les salariés se heurtent souvent à la question du taux. Dans tous les régimes, le taux plein reste l’idéal. Mais pour en bénéficier, il importe de répondre à certains critères, à savoir, l’âge du départ en retraite et le nombre de trimestres validés.

Avoir l’âge légal pour partir à la retraite

En général, un travailleur peut demander de partir en retraite à partir de 62 ans, considéré comme l’âge pivot. Cependant, même dans le cas d’une longue carrière, cela ne garantit pas systématiquement que le travailleur concerné puisse bénéficier d’une pension à taux plein. En effet, l’âge légal pour bénéficier d’une retraite à taux 50 % automatique est de 67 ans. On parle aussi d’âge équilibre. Dans ce cas de figure, l’assurance ne tiendra pas compte des trimestres validés. Dans le cas contraire, ceux qui souhaitent partir en retraite à 62 ans doivent avoir validé entre 166 et 172 trimestres, dépendants de leurs années de naissance.

Par ailleurs, avec le projet de loi sur la réforme des retraites, des changements peuvent subvenir. En effet, cette réforme préconise que l’âge initial de départ soit progressivement repoussé de quatre mois chaque année, jusqu’au terme du projet de loi. Cela se fait au profit de la mise en place d’un minimum de pension d’environ 1 100 euros. Cependant, malgré l’entrée en vigueur de la réforme, l’âge pivot ne devrait pas changer.

Valider un nombre suffisant de trimestres

Un travailleur en fin de carrière qui souhaite partir à la retraite, doit également considérer plusieurs facteurs, à part l’âge de départ. En effet, pour prétendre à une pension à taux plein, un retraité doit disposer d’un certain nombre de trimestres validés ou durée d’assurance qui varie selon son âge. Il s’agit des trimestres validés selon le type de régime. Pour en déterminer le nombre, l’assurance retraite tient compte de chaque type de trimestre :

  • Les trimestres cotisés durant lesquels la cotisation a été effectivement prélevée sur le revenu du bénéficiaire,
  • Les trimestres assimilés qui correspondent aux périodes cotisées et attribuées aux bénéficiaires,
  • Les trimestres rachetés.

Le rachat de trimestres figure parmi les solutions pour augmenter la durée d’assurance. Le rachat intervient, en général, en cas de manquement à cotiser et lorsque le nombre de trimestres requis n’excède pas quatre trimestres.

Dans quel cas s’applique la décote ?

Le système de pension prévoit une majoration et une minoration de la retraite selon les différentes conditions dans lesquelles se trouve le bénéficiaire. Il s’agit de la décote et de la surcote.

Pour rappel, un travailleur qui souhaite partir à la retraite à 62 ans et bénéficier d’une retraite à taux plein, doit avoir validé un nombre requis de trimestres en fonction de son année de naissance. Autrement, il doit attendre 67 ans pour bénéficier automatiquement du taux plein.

Néanmoins, un travailleur en fin de carrière peut partir à 62 ans, sans avoir validé le nombre requis de trimestres. Dans ce cas, sa retraite subit une décote, dont le taux dépend d’un coefficient de minoration par trimestre manquant et de l’âge du travailleur concerné.

Pour calculer le nombre de trimestres manquant, l’assurance prend en compte les trimestres nécessaires pour obtenir la durée d’assurance donnant droit à un taux plein ; ou pour atteindre l’âge légal pour en bénéficier.

À l’inverse, le bénéficiaire peut prétendre à une majoration de la retraite ou une surcote. En effet, lorsqu’un travailleur bénéficie du taux plein à l’âge pivot et continue à exercer son emploi, il peut prétendre à une surcote. C’est un coefficient de majoration appliqué à la pension de la retraite dont la valeur de majoration dépend de l’ancienneté du salarié et des trimestres validés. Toutefois, seuls les trimestres cotisés sont considérés pour déterminer le taux de la surcote. De même, celle-ci concerne uniquement la retraite de base.

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