Quels sont les points négatifs du recrutement d’un apprenti ?

Pour une entreprise en évolution et en quête de nouveaux profils, l’embauche en alternance peut être une option intéressante. Recruter un apprenti présente néanmoins certains inconvénients que l’employeur doit peser par rapport à ses avantages. Des solutions peuvent toutefois contribuer à réduire les côtés négatifs du contrat d’alternance.

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Embauche et contrat en alternance : quels sont les inconvénients pour l’entreprise ?

Le recrutement d’un alternant comporte un certain risque pour l’entreprise, autant du point de vue engagement que sur son activité.

La difficulté d’évaluation du profil du candidat

Recruter un apprenti peut constituer une solution adéquate pour les entreprises en cas de besoin immédiat de nouveaux salariés. Ce peut être une alternative rapide et efficace pour faire face à la rareté d’un profil déjà qualifié pour un métier spécifique.

Cependant, une candidature pour un contrat d’alternance présente souvent peu d’éléments de référence par rapport à celle visant un travail en CDI. En effet, l’alternant possède une faible expérience professionnelle. Il s’agit pourtant de l’un des critères clés qui permettent d’évaluer les aptitudes d’un candidat au moment d’un entretien d’embauche. L’employeur ne peut alors estimer ni la compétence de l’étudiant ni sa capacité à acquérir rapidement les savoir-faire nécessaires lors de sa pratique en entreprise.

Les impacts de la formation sur la productivité de l’entreprise

L’alternance permet à l’employeur de former un nouveau collaborateur dans le but d’ajuster ses compétences aux métiers de l’entreprise. Arrivé à son terme, le contrat d’apprentissage peut évoluer en CDI, ce qui peut convenir aux objectifs de croissance de l’entreprise.

En revanche, il faut considérer que l’un des salariés au sein de la structure prendra la responsabilité de maître d’apprentissage. Ce dernier se charge d’accompagner et de superviser l’apprenti tout au long de sa formation pour qu’il devienne efficace dans la réalisation de ses tâches. D’une part, cela engagera une partie plus ou moins considérable de son temps de travail. D’autre part, le jeune alternant n’est pas entièrement opérationnel en plus de ses heures de travail réduites du fait de l’enseignement théorique en CFA.

Le coût réel de l’apprentissage pour l’entreprise

Son côté économique fait partie de l’un des avantages les plus notables de l’embauche d’un apprenti. Outre le niveau de rémunération inférieur à celui d’un salarié à temps plein, il est également possible d’obtenir des aides financières.

Cependant, le coût horaire réel de l’apprentissage se révèle plus élevé lorsqu’il est évalué en fonction des facteurs comme :

  • Le nombre réel d’heures de présence de l’étudiant en entreprise
  • Les congés payésa
  • Le temps engagé pour les formations en CFA et les examens

En effet, les heures consacrées aux enseignements théoriques sont comptées dans les horaires de travail, sauf si l’employeur a mis en place une tout autre disposition par voie de convention collective ou d’accord de branche de l’entreprise.

Un cadre légal très strict sur la rupture du contrat d’alternance

Si le chef d’entreprise souhaite se libérer de ce type de contrat, il doit prendre en compte différentes contraintes. L’employeur ou l’apprenti ne peut résilier le contrat de façon unilatérale et sans précision du motif que dans les 45 premiers jours de la formation. Dépassé ce délai, la rupture d’un contrat d’alternance ne peut avoir lieu que dans les cas prévus par le Code du travail :

  • Une résiliation d’un commun accord entre les deux parties
  • L’obtention anticipée du diplôme de l’alternant
  • Une résiliation judiciaire due à une faute lourde ou à l’inaptitude de l’étudiant, ou à cause d’un manquement répété de la part de l’employeur à ses obligations
  • Une liquidation judiciaire de l’entreprise
  • Le cas de force majeure.

Par ailleurs, une rupture du contrat d’alternance oblige l’employeur à remettre à l’apprenti les documents obligatoires de fin de contrat. L’alternant a aussi droit à une indemnité compensatrice de congés payés d’un montant calculé en fonction de ses congés dus, mais non pris.

Comment l’employeur peut-il maximiser les avantages de l’apprentissage ?

Afin que le contrat d’alternance apporte plus d’avantages que d’inconvénients à l’entreprise, il est important de préparer le processus d’embauche avec soin. Aussi, un accompagnement efficace permettra à l’étudiant de devenir rapidement professionnel au service de l’entreprise.

Bien choisir l’apprenti au cours du recrutement

Pour trouver le profil adéquat, le recruteur doit premièrement définir les besoins de l’entreprise, notamment les compétences nécessaires pour le poste ciblé. Il faut alors étudier la mission et les tâches qui seront attribuées à l’apprenti. Ce dernier manquant encore d’expérience professionnelle, les critères à évaluer concerneront plutôt sa motivation et son sérieux.

En outre, le recruteur doit se renseigner sur la formation en alternance (la répartition des horaires d’enseignement théorique et des pratiques en entreprise, le contenu de la formation, le diplôme ou le titre visé par l’alternant). Ainsi, il sera en mesure de départager les postulants et de repérer la candidature qui répond au mieux à sa recherche.

Désigner un maître d’apprentissage remplissant les conditions requises

Principal interlocuteur de l’entreprise avec le CFA et l’apprenti, le maître d’apprentissage transmet à ce dernier ce qu’il faut savoir sur les règles et les usages internes de l’entreprise, ainsi que la description et les tâches liées au métier visé par la formation. Pour qu’un employé devienne maître d’apprentissage, il doit répondre à l’un des critères suivants :

  • Être titulaire d’un diplôme ou d’un titre au moins équivalent à celui préparé par l’alternant. En plus de ceci, il doit justifier d’au moins un an d’expérience professionnelle dans le secteur dans lequel l’étudiant se forme
  • Disposer de deux ans d’expérience professionnelle liée au domaine d’études de l’apprenti (formations et stages non inclus).

Trouver le meilleur équilibre entre charge et rythme de travail

L’apprenti doit alterner ses obligations en tant qu’étudiant et salarié de l’entreprise. Compréhension des cours, exercices et devoirs, recherches sont autant d’occupations qui engagent son temps en plus de l’apprentissage du métier. Son accompagnateur doit alors élaborer un emploi du temps efficace pour lui éviter un rythme trop soutenu. Aussi, il doit introduire les tâches de l’alternant au fur et à mesure. Ceci l’aidera à assimiler facilement et rapidement le travail en entreprise tout en permettant au maître d’apprentissage de mieux organiser son temps.