Crédit pour auto-entrepreneur : Comment faire ?

Comme tout entrepreneur, les autoentrepreneurs ou microentrepreneurs ont également des besoins de financement (achat de matériels et de stock, achat d’un local, avance de fonds, besoin de trésorerie, etc.). Malheureusement, obtenir un crédit bancaire en tant qu’autoentrepreneur est un vrai parcours du combattant. Encore plus si l’autoentreprise est en phase de démarrage. Et pour cause, ces professionnels sont généralement exclus du système bancaire classique. En effet, malgré le nombre croissant de microentreprises (selon l’INSEE, elles représentent plus de la moitié des créations d’entreprises), les banques sont réticentes à prêter aux autoentrepreneurs, les considérant comme des profils à risque. Comment mettre toutes les chances de votre côté pour obtenir un prêt pour autoentrepreneur ? Quelles sont les alternatives aux crédits traditionnels ? Les réponses dans les lignes qui suivent.

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Pourquoi le prêt traditionnel est-il difficilement accessible aux microentrepreneurs ?

Le prêt pour autoentrepreneur qui prend le plus souvent la forme d’un crédit à la consommation de type prêt personnel permet au professionnel de passer le cap des premiers mois d’activité. En effet, en attendant d’encaisser ses premières factures, il aura besoin de financement pour acheter des matériels, des stocks, un local… en un mot, lancer ses activités dans de bonnes conditions. Le crédit bancaire classique est la première solution à laquelle les professionnels pensent pour financer leurs besoins de trésorerie. Mais comme on l’a dit en préambule, obtenir un crédit en tant qu’autoentrepreneur est loin d’être facile. En effet, les banques demandent généralement aux emprunteurs de produire un justificatif de revenus stables avant d’accorder un prêt, le plus souvent une fiche de paie. Ce qui est pratiquement impossible pour un autoentrepreneur. De plus, il n’a pas toujours la possibilité de garantir la stabilité de son chiffre d’affaires. Heureusement, si emprunter à la banque est difficile pour un autoentrepreneur, cela n’est pas impossible.

Comment faire pour obtenir un crédit bancaire pour autoentrepreneur ?

Pour convaincre les banques de lui octroyer un crédit traditionnel, l’autoentrepreneur a tout intérêt à soigner son dossier et à apporter plus de garanties qu’un salarié en CDI.

La viabilité du projet

Si l’autoentreprise n’est pas encore créée ou si elle est en phase d’amorçage, il est primordial de soigner particulièrement le business plan. Un projet bien préparé ainsi qu’une vision à long terme rassurent les banques sur la viabilité du projet. Pensez à vous faire accompagner par un professionnel pour la rédaction du business plan et à apporter tous les documents nécessaires. Cela donnera une bonne image de vous auprès de votre banquier. Si l’autoentreprise est en activité, il est primordial de démontrer que votre autoentreprise vous a permis de disposer de revenus réguliers et récurrents. Montrez quel est votre marché, qui sont vos concurrents, vos cibles ? Par ailleurs, vous devez également présenter un bilan financier positif (résultat des deux dernières années, perspectives de croissance…). Sachez que le banquier s’intéressera plus à votre marge nette plutôt qu’à votre chiffre d’affaires. Autrement dit, ce qui vous reste une fois que toutes vos dépenses sont déduites de votre résultat.

L’apport personnel

Un emprunteur qui peut apporter 10 à 20 % du montant du crédit a plus de chances d’obtenir un crédit bancaire. De plus, l’apport personnel permet d’avoir un meilleur taux et d’augmenter le pouvoir d’achat. En intégrant votre épargne dans le lancement de votre projet, vous prouvez aux banques que vous êtes sérieux dans la gestion de vos finances. Plus encore, vous prouvez que vous croyez en votre idée. Le banquier sera alors plus enclin à vous suivre.

La tenue de compte

Vos finances doivent être saines, c’est-à-dire sans incident de paiement, ni sur un achat ni sur toute autre opération. N’oubliez pas que le statut d’autoentrepreneur ne fait pas de distinction entre le patrimoine personnel et professionnel. Vos comptes seront donc scrutés à la loupe.

Les garanties

Les garanties sont destinées à couvrir le prêt en cas de défaillance. Cela peut être :

  • une caution apportée par un proche ou un fonds de garantie (BPI France, SCM, fonds de garantie départementaux et régionaux, etc.) ;
  • une assurance emprunteur ;
  • un nantissement : un bien immatériel tel qu’une assurance-vie par exemple ;
  • une mise en gage : bien matériel autre que bien immobilier. Par exemple un véhicule ;
  • une hypothèque.

Petit conseil : pensez à co-emprunter avec une personne en CDI afin de multiplier vos chances d’obtenir un crédit autoentrepreneur.

Les documents à fournir pour demander un crédit microentrepreneur

Pour étudier le dossier de l’autoentrepreneur, le banquier demande généralement les pièces justificatives suivantes :

  • les trois derniers relevés de comptes de l’autoentrepreneur ;
  • les deux derniers avis d’imposition ;
  • un justificatif d’identité et de domicile.

Bon à savoir : faites appel à un courtier pour optimiser votre demande de crédit. Il pourra entre autres :

  • vous conseiller sur le crédit dont vous avez besoin ;
  • négocier les termes du contrat afin d’obtenir des conditions plus avantageuses.

Sachez en effet que de nombreuses banques travaillent avec des courtiers afin de diversifier leurs clients. Les emprunteurs qui se font accompagner par un courtier ont ainsi plus de chances d’obtenir un prêt bancaire classique.

Les alternatives au crédit pour autoentrepreneur

Pour pallier le manque de financement bancaire, les autoentrepreneurs ont la possibilité de se tourner vers d’autres solutions. Et la bonne nouvelle, c’est que les alternatives sont nombreuses. Toutefois, celles-ci peuvent également être couplées à un crédit traditionnel.

Le microcrédit professionnel

Le microcrédit professionnel est un prêt accordé aux créateurs d’entreprises exclus du système bancaire (autoentrepreneur, travailleur indépendant…). Le montant du crédit peut aller jusqu’à 10 000 € et le prêt est remboursable en 4 ans maximum sauf accord de paiement différé de l’organisme de prêt. Le taux d’intérêt varie entre 5 % et 10 %. Généralement, le prêt est assorti d’une aide à la création et d’un accompagnement au développement de la microentreprise. Le microcrédit est destiné aux autoentrepreneurs répondants aux conditions suivantes :

  • être en cours de création ou avoir moins de 5 ans ;
  • pouvoir prouver qu’ils n’ont pas obtenu de crédit bancaire traditionnel ;
  • demander un crédit inférieur à 10 000 € ;
  • avoir un tiers qui se porte garant pour au moins 50 % de la somme empruntée.

L’ADIE ou Association pour le Droit à l’Initiative Économique est l’organisme de référence pour obtenir un microcrédit en tant qu’autoentrepreneur. Outre un prêt jusqu’à 10 000 € assorti de prêts d’honneur, de primes ou d’avances remboursables de l’État ou des collectivités locales, l’ADIE propose également un accompagnement pendant et après la phase de démarrage. De nombreux organismes de crédit en ligne proposent également des microcrédits aux autoentrepreneurs. Les prêts peuvent notamment prendre la forme de :

  • assurance à la facture contre les retards de paiement ;
  • crédit bancaire pour tous les besoins de trésorerie : trésorerie, fonds de roulement, avance de fonds…
  • etc.

Les plateformes de financement en ligne ne demandent généralement pas de garantie ou de caution. Mansa, Finfrog, Dimpl … figurent parmi les plateformes les plus fiables pour contracter un microcrédit en ligne pour autoentrepreneur.

Le prêt solidaire

Pensez également aux microcrédits solidaires pour financer la création ou le développement de votre autoentreprise. Il s’agit de présenter son projet et sa demande de financement sur une plateforme dédiée en spécifiant la contrepartie accordée aux donateurs et aux investisseurs. Ces derniers sont essentiellement des particuliers. Le prêt solidaire pour autoentrepreneur peut prendre deux formes :

Pour convaincre les investisseurs de financer votre projet, vous devez également préparer votre dossier dans les moindres détails et présenter votre projet avec réalisme. Younited, Babyloan… sont des plateformes de microcrédits solidaires.

Les prêts d’honneur

Les prêts d’honneur sont des prêts sans garantie personnelle, sans caution et sans intérêt. Ils sont destinés aux autoentreprises qui n’ont pas les moyens de fiancer leurs activités sur le court terme. Le montant varie de 2 000 € à 50 000 € remboursable entre 2 à 5 ans. Le montant accordé dépend de plusieurs facteurs :

  • la nature du projet ;
  • les besoins financiers ;
  • et l’organisme sollicité.

Octroyé à l’autoentrepreneur à titre personnel, le prêt d’honneur est accordé après sélection de dossiers. Vous devez donc présenter un projet bien ficelé pour augmenter vos chances d’obtenir un prêt d’honneur. Pensez particulièrement à la viabilité du projet. Ce type de prêt est accordé par des organismes référents tels qu’Initiative France, Réseau Entreprendre, BPI France ou ADIE. Cette dernière propose des prêts d’honneur d’un montant maximal de 3 000 €. Bon à savoir : l’obtention d’un prêt d’honneur optimise l’obtention d’un crédit bancaire classique.

Le NACRE

Le NACRE ou Nouvel accompagnement pour la Création ou la Reprise d’Entreprise est un programme d’accompagnement public accessible aux autoentrepreneurs. Accordé après étude du dossier, le NACRE est un prêt à taux zéro remboursable sur une durée de 5 ans au maximum et dont le montant varie entre 1 000 € et 10 000 €. La demande de NACRE est à déposer auprès d’un organisme conventionné par l’État et la Caisse des Dépôts et consignations. Pour connaître l’organisme habilité dans votre région, vous pouvez contacter la DIRECCTE ou Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi.

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