Peut on faire sa comptabilité soi-même ?

Le Code général des impôts et le Code du commerce impose à toutes les entreprises françaises la tenue d’une comptabilité. Mais pour une petite entreprise, confier ses comptes à un expert-comptable peut se révéler onéreux. Il est alors légitime de se demander s’il est possible de faire la comptabilité soi-même. Nous vous aidons à y voir plus clair.

comparez


les logiciels de compta

Peut-on gérer sa comptabilité en interne ?

La réponse est oui. Le choix de tenir soi-même sa comptabilité relève d’une décision de l’entrepreneur. En effet, aucune loi n’exige le recours à un expert-comptable. Par conséquent, l’entreprise peut très bien prendre en main l’intégralité du processus comptable, de la saisie des écritures au dépôt des comptes annuels.

En revanche, bien qu’on puisse faire la comptabilité soi-même, il est conseillé de choisir cette solution uniquement si vous disposez des compétences en la matière. Tenir la comptabilité n’est pas évident. Elle est soumise à des règles spécifiques et nécessite une parfaite maitrise des techniques comptables. Ainsi, il est préférable de suivre une formation en comptabilité pour renforcer vos connaissances avant de sauter le pas. Une autre alternative consiste à réaliser en interne les travaux comptables de base (saisies des écritures, pièces comptables, inventaire, etc.) et les faire réviser par un professionnel du chiffre.

Les bonnes raisons de faire sa comptabilité soi-même ?

Le fait de tenir sa comptabilité soi-même dénombre une multitude d’avantages. Le plus évident est que cela permet de réaliser des économies en se dispensant des honoraires d’un expert-comptable. Cette solution est d’autant plus intéressante pour les petites structures qui ne disposent pas de budget à y consacrer.

En outre, gérer ses propres comptes aide à mieux comprendre la situation financière de l’entreprise. Pas besoin d’attendre la fin de l’exercice pour avoir un aperçu des performances de la société. Bien qu’il ne soit que partiel, il est possible de consulter le compte de résultat au cours de l’année. Cela permet de s’alerter en cas de résultat médiocre et de modifier le plus tôt possible sa stratégie dans la gestion de l’entreprise.

Les risques encourus

Malgré les bénéfices obtenus à la réalisation de sa propre comptabilité, cette option comporte tout de même certains risques. Il est possible que la personne qui s’en occupe fasse des erreurs qui peuvent couter cher à l’entreprise. Livrer un compte inexact est lourdement sanctionné. L’entreprise risque d’encourir une amende jusqu’à 500 000 euros assortie d’une peine de prison de 5 ans pour le dirigeant. Sans oublier le temps et l’énergie perdus et le cout à payer pour commissionner un cabinet à rattraper les erreurs.

Les obligations comptables à respecter

Avant de mener une gestion 100 % autonome de la comptabilité, il est judicieux de se renseigner sur les obligations comptables légales. Celles-ci diffèrent d’une entreprise à une autre selon le statut juridique et le régime fiscal. La comptabilité d’une société avec un régime réel d’imposition est plus complexe que celle d’une micro-entreprise qui bénéficie d’un allègement. Ainsi, un auto-entrepreneur commerçant est uniquement tenu d’avoir des livres des recettes et des achats. Un professionnel en statut d’entreprise individuelle, quant à lui, doit gérer :

  • une comptabilité de trésorerie
  • un livre journal
  • une liasse fiscale
  • une comptabilité d’engagement pour les bénéfices industriels et commerciaux (BIC)

En revanche, une société commerciale (SASU, EURL, SARL, SAS, SA, etc.) est soumise à des obligations beaucoup plus exigeantes. Elle doit :

  • Comptabiliser toutes les opérations financières entrantes et sortantes
  • effectuer un inventaire annuel
  • éditer des comptes annuels (compte de résultat, bilan, annexe)
  • conserver les pièces comptables pendant 10 ans minimum.

Les états comptables obligatoires

Les documents cités ci-après sont obligatoires pour assurer une bonne tenue de la comptabilité.

Le livre journal

Le livre journal retrace chronologiquement les opérations qui touchent le patrimoine de l’entreprise. Les mouvements doivent alors être enregistrés dans ce document pour chaque jour. Certaines entreprises choisissent d’utiliser plusieurs journaux comptables que l’on appelle journaux auxiliaires. Il s’agit entre autres du journal des ventes, journal des achats, journal de banque. Les écritures sont ainsi comptabilisées dans ces livres auxiliaires avant d’être centralisées dans le livre journal.

Le grand-livre

Le grand-livre reprend les informations du livre journal et les classe par compte comptable. Chaque opération est enregistrée comme crédit ou comme débit, avec son montant. À la fin, la somme totale au débit doit être égale à celle au crédit.

Le fichier d’écriture comptable (FEC)

Depuis le 1er janvier 2014, l’administration fiscale oblige les entreprises qui informatisent leur comptabilité à communiquer une copie du Fichier d’écritures comptables. C’est un document informatique qui présente toutes les écritures comptables passées dans les journaux. Il est à remettre au vérificateur de comptabilité dès sa première intervention en contrôle fiscal.

Réussir à tenir sa comptabilité au quotidien

La comptabilité peut être tenue sur des cahiers de façon manuscrite ou via un logiciel spécialisé en la matière. Cette seconde option a l’avantage de simplifier la tenue de la comptabilité tout en facilitant l’édition des états obligatoires. Elle est alors vivement recommandée. Aujourd’hui, on trouve un large choix de logiciels comptables sur internet. Accessibles par abonnement, ils proposent différentes fonctionnalités. À vous de choisir la formule qui répond aux besoins de votre entreprise. En tout cas, un logiciel de comptabilité en ligne doit au minimum vous permettre :

  • de générer des factures de vente
  • d’intégrer des factures d’achat
  • d’enregistrer des opérations bancaires
  • d’éditer les comptes annuels à la fin de l’exercice
  • d’établir le grand livre et le journal comptable
  • de créer tout livre comptable nécessaire à l’activité (journal des ventes, journal des achats, journal de trésorerie, etc.)
  • de mettre en place le fichier des écritures comptables requis par l’administration fiscale en cas de contrôle
  • de gérer la liasse fiscale

L’entreprise doit enregistrer toutes les opérations qui affectent son patrimoine. Cette tâche doit être effectuée au quotidien pour une mise à jour régulière de la comptabilité. Chaque opération comptabilisée doit être justifiée par une pièce comme une facture de vente que l’entreprise a émise ou une facture d’achat qu’elle a reçue d’un tiers. En revanche, les devis, les bons de commande et les bons de livraison ne sont pas pris en compte. À la clôture de l’exercice, il est aussi nécessaire de réaliser des opérations d’inventaire en vue d’éditer le bilan et les comptes annuels.

En conclusion, oui il est possible de tenir sa propre comptabilité, néanmoins cela est chronophage et le bénéfice-risque n’est pas toujours favorable. Le recours à un expert-comptable apporte justement la rigueur nécessaire et la sérénité qui en découle. Une délégation et une prestation qui sont assurément payantes pour un entrepreneur ou un dirigeant.

comments
Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires