Comment lever des fonds pour une startup ?

Lorsque l’on songe à créer une startup, se pose bien souvent la question de recourir ou non à une levée de fonds. En effet, la levée de fonds lors de la création et du développement d’une startup n’est pas obligatoire ni automatique. Selon le projet que vous souhaitez développer au sein de votre startup, les capitaux que vous devrez mobiliser seront plus ou moins importants. Par conséquent, certaines startups peuvent sans problèmes se développer avec les fonds propres de leur créateur et éventuellement ceux des associés. Pour d’autres projets qui comprennent des phases de recherche et développement ou bien encore des étapes d’industrialisation, la levée de fonds s’avère bien souvent la solution. Elle permet d’obtenir d’importantes sommes d’argent qui peuvent être mobilisables dans un laps de temps court.

Quand faut-il prévoir une levée de fonds ? Comment organiser une levée de fonds ? Quels sont les secrets d’une levée de fonds réussie ? Pour vous aider à appréhender cette étape importante pour votre entreprise, voici un descriptif des principales étapes à accomplir pour réussir votre levée de fonds.

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Prêt bancaire ou levée de fonds ?

Une levée de fonds n’est pas une étape obligatoire pour une startup. Néanmoins, la question de réaliser une levée de fonds devient plus qu’opportune lorsque le développement d’un projet innovant exige plusieurs milliers d’euros au minimum pour se concrétiser.

En dehors de la levée de fonds, il existe également la possibilité de souscrire un prêt bancaire pour obtenir une importante somme d’argent afin de financer son projet innovant. Cependant, le prêt bancaire présente 2 désavantages majeurs par rapport à une levée de fonds tels que :

  • l’obligation de rembourser la somme d’argent prêtée à échéances régulières, ce qui ajoute un poste de dépenses mensuelles à prendre en compte dans le business plan de la startup ;
  • l’application de taux d’intérêt ;
  • la mise à disposition de fonds par un organisme bancaire qui outre les capitaux n’apportera pas d’expertises ou de compétences particulières au développement de la startup.

Par conséquent, il est opportun de privilégier une levée de fonds pour une startup qui souhaite se donner toutes les chances de réussir. Les investisseurs pourront ainsi prendre part au projet et apporter leur expertise pour aider au développement de l’entreprise. Cependant, il est également important de bien prendre en compte qu’une levée de fonds nécessite d’octroyer des actions ou des parts sociales aux investisseurs en échange de leur investissement dans le capital social de la startup.

Quelle somme demandée pour une levée de fonds ?

Au-delà de la question de se demander s’il est opportun ou non d’organiser une levée de fonds, la question de savoir quelle somme demandée est toute aussi importante. En effet, un fondateur d’une startup qui n’ose pas demander une somme suffisamment élevée pour couvrir tous les frais de recherche et développement et de commercialisation de son produit ou de son service risque de devoir demander par la suite une nouvelle levée de fonds. Cela produira une dilution du capital de l’entreprise. Les investisseurs ayant pris part à la première levée de fonds risquent dès lors de manifester leur mécontentement face à cette mauvaise évaluation des besoins financiers. La startup dans ce cas proposera davantage d’actions, ce qui entraînera par conséquent un nouveau partage des pouvoirs de décision au sein des investisseurs.

Dans le cas contraire, si la demande concernant la somme pour la levée de fonds est exagérée par rapport au projet à développer, le startupper risque d’effrayer les potentiels investisseurs. Les investisseurs pourront considérer que la proposition de levée de fonds ne représente pas un bon investissement pour eux par rapport au réel besoin de capitaux et à la valeur de la startup.

Par conséquent, à cette étape il est bien souvent essentiel de s’entourer de conseillers experts en levées de fonds afin de réussir à trouver le juste équilibre concernant la somme à recueillir.

Quel est le meilleur statut juridique d’entreprise pour réaliser une levée de fonds ?

Pour une levée de fonds réussie, il est essentiel que le fondateur de la startup puisse avoir une certaine flexibilité concernant l’organisation du partage des actions et l’octroi des pouvoirs de décision au sein de sa startup.

En outre, une levée de fonds implique que les associés puissent prendre part au développement et à la gestion de la startup. Par conséquent, toutes les formes juridiques d’entreprises individuelles sont de facto à mettre de côté au moment de choisir un statut juridique.

Pour qu’un fondateur d’une startup puisse organiser la gestion de son entreprise de manière à contenter tous ses investisseurs tout en gardant la mainmise sur le développement de son entreprise, le statut juridique de la société par actions simplifiée (SAS) est généralement privilégié. La SAS permettra ainsi au fondateur de la startup d’organiser l’octroi des pouvoirs de décision au sein de son entreprise ainsi que les conditions d’entrée des investisseurs et les conditions de cession des actions.

Comment convaincre les investisseurs pour une levée de fonds ?

Une fois que le fondateur d’une startup est assuré de vouloir procéder à une levée de fonds nécessaire au développement de son entreprise, reste l’étape qui n’est pas des moindres de convaincre suffisamment d’investisseurs de se lancer dans ce projet avec lui.

Pour cela, il sera nécessaire de convaincre les investisseurs de la solidité du projet de la startup avec des documents détaillés attestant de la viabilité de l’activité. Ainsi, la réalisation d’un business plan complet et détaillé est plus qu’essentielle à ce stade. Le business plan devra notamment comprendre :

  • un executive summary concis et incitant le lecteur à en apprendre davantage sur le projet ;
  • une étude de marché ;
  • un business model ;
  • un prévisionnel du chiffre d’affaires sur le court terme et le long terme.

Outre l’objectif d’attirer de potentiels investisseurs, il est également essentiel de choisir le profil des investisseurs. En effet, certains investisseurs proposeront une somme qui peut paraître modique par rapport à d’autres investisseurs. Mais à côté des capitaux, certains investisseurs permettront également de bénéficier de leur réseau et de leur expertise pour le développement de la startup.

Il est donc conseillé de ne pas prendre uniquement en compte les apports financiers, mais également de prendre en considération le réseau, le savoir-faire ou l’expertise de l’investisseur.

Les 8 étapes pour finaliser une levée de fonds

Une fois que le fondateur d’une startup expose son projet de levée de fonds et reçoit des retours positifs de la part d’investisseurs, différentes étapes sont à accomplir afin de finaliser la réalisation de la levée de fonds.

La due diligence : l’étape de vérification des comptes par les potentiels investisseurs

Une fois que les potentiels investisseurs ont pris connaissance du business plan de la startup, avant de donner définitivement leur accord pour investir ces derniers bénéficient d’une période dite de due diligence.

La due diligence représente pour l’investisseur une période durant laquelle il aura accès à divers autres documents permettant de contrôler les comptes actuels et les comptes prévisionnels de l’entreprise. De plus, l’investisseur pourra également prendre en compte les objectifs que souhaite atteindre la startup dans les mois et années à venir ainsi que le dynamisme de l’équipe dirigeante.

En outre, il est vivement conseillé pour un fondateur de startup d’avoir dès cette étape envisagé tous les aspects juridiques de la création d’une startup et d’une levée de fonds. En effet, les investisseurs souhaiteront être rassurés sur le cadre juridique adopté par la startup avant même de donner leur accord final pour verser les fonds. Pour cela, il est conseillé de réaliser un audit juridique afin de soulever d’éventuels problèmes juridiques avant l’étape de la levée de fonds.

Pour finir, le fondateur d’une startup ne doit pas hésiter à relancer ses investisseurs durant cette étape en leur demandant notamment s’ils ont des questions à lui soumettre sur divers sujets relatives à la startup.

La signature d’un contrat de confidentialité

Au moment de la phase de négociation relative à la levée de fonds, des investisseurs souhaitent généralement à ce stade préserver leur anonymat ainsi que les différentes conditions sous lesquelles ils souhaiteraient investir dans la startup.

Ainsi, la signature d’un contrat de confidentialité autrement connu sous le terme de « non-disclosure agreement » doit être envisagé.

La lettre d’intention

La lettre d’intention provient des investisseurs et doit être signée et complétée par ces derniers. Elle reprend toutes les conditions négociées durant la phase de négociation. La lettre d’intention va notamment comprendre :

  • la valorisation de l’entreprise à l’étape de « pre-money », c’est-à-dire à l’étape avant le versement des fonds provenant des investisseurs ;
  • les modalités de partage des actions entre les investisseurs ;
  • les conditions de modifications des statuts ;
  • les conditions d’entrée et de sortie de potentiels investisseurs entraînant une possible dilution du capital ;

La lettre d’intention reprend donc toutes les conditions et les règles qui seront applicables une fois la levée de fonds finalisée.

La rédaction du pacte d’actionnaires

Le pacte d’actionnaires reprend de manière détaillée le contenu de la lettre d’intention. La rédaction du pacte d’actionnaires doit donc être faite de manière consciencieuse.

Une fois approuvé et signé par le fondateur de la startup et les investisseurs, ce pacte permettra de présenter dans les moindres détails les devoirs et droits de chacun des acteurs intervenant dans le développement de la startup.

La convocation d’une assemblée générale extraordinaire

La convocation d’une assemblée générale extraordinaire (AGE) est obligatoire pour toute augmentation du capital social d’une entreprise. Par conséquent, pour une startup qui doit augmenter son capital social par le biais d’une levée de fonds, il sera nécessaire de recueillir l’accord du dirigeant et des associés de la startup.

Pour cela, le dirigeant devra respecter à la lettre les conditions de convocation de l’assemblée générale extraordinaire présentées dans les statuts de l’entreprise.

La remise des bulletins de souscription d’actions

Lorsque la levée de fonds est validée par les associés de la startup et que les investisseurs ont donné leur accord pour verser les fonds, le dirigeant de la startup peut remettre à ses futurs investisseurs des bulletins de souscription d’actions.

Ces bulletins de souscription d’actions devront être complétés par les investisseurs intéressés et renvoyés au dirigeant de la startup.

La remise du certificat du dépositaire

Un certificat du dépositaire est remis aux mains des investisseurs par l’organisme bancaire auprès duquel ont été déposés des fonds dans le cadre notamment d’une levée de fonds.

Le certificat du dépositaire représente une preuve pour les investisseurs d’avoir bien versé les fonds initialement prévus sur le bulletin de souscription d’actions.

L’enregistrement des modifications des statuts et du capital social auprès du tribunal de commerce

La réalisation d’une levée de fonds amène une augmentation du capital social de la startup ainsi qu’une possible modification des statuts.

Afin que l’administration et que toute autre personne intéressée par le développement de l’entreprise puissent avoir connaissance des modifications apportées lors de la levée de fonds, il sera nécessaire de procéder à l’enregistrement de ces modifications auprès du greffe du tribunal de commerce. De plus, ces modifications devront faire l’objet d’une publication auprès d’un journal d’annonces légales.

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